Leadership en sécurité

Être présent sur le terrain

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Être présent sur le terrain Être présent sur le terrain

Être présent sur le terrain, c’est être au contact de ses équipes, observer et dialoguer, lors de visites sécurité organisées ou de moments d’échanges informels. Un 4e principe du leadership indispensable pour mesurer la réalité de mise en œuvre de la sécurité, mais aussi montrer son engagement, son implication concrète.

Présence des managers sur le terrain : pourquoi c’est important ?

1.    Aller sur le terrain pour mesurer la réalité de mise en œuvre de la sécurité

Bien sûr il y a les procédures, les plans, les plannings qui décrivent le travail, les tâches à effectuer. Mais, on le sait, le travail réel ne se passe jamais exactement comme prévu : une absence, une urgence, une co-activité non prévue… C’est là toute la différence entre ce qu’on appelle travail prescrit et travail réel.

Travail réel vs travail prescrit - Crédit : BPgraphiste - ©IcsiTravail réel vs travail prescrit - Crédit : BPgraphiste - ©Icsi

Il est alors indispensable d’aller sur le terrain pour se rendre compte de cette réalité du travail et du niveau de sécurité. C’est sur place que vous pouvez vraiment être à l’écoute, connaître les pratiques des équipes, vous rendre compte de la difficulté éventuelle à appliquer certaines règles, des initiatives ou adaptations pertinentes mises en œuvre….

 

La zone de bazar ordinaire

La zone de bazar ordinaire (ZBO) désigne les opérations qui se situent entre ce que prévoit la procédure et ce qui est en zone à risque élevé. Et c’est la vraie vie ! Le but premier d’un opérateur est de remplir sa mission, aussi, il respecte autant que possible la procédure mais peut être amené à s’adapter, à prendre des initiatives. Bien sûr les écarts dans la zone à risque élevé sont les plus visibles et la hiérarchie en sera informée. Mais il est également important que le management s’intéresse à cette zone de bazar ordinaire, aux difficultés quotidiennes qui font que le coût humain pour atteindre la performance peut être élevé… Car, si l’opération a réussi cette fois-ci, une prochaine fois, il suffirait peut-être de peu pour basculer et provoquer un incident voire un accident.

La zone de bazar ordinaire (ZBO) - Crédit : BPgraphisme - ©IcsiLa zone de bazar ordinaire (ZBO) - Crédit : BPgraphisme - ©Icsi

 

2.    Aller sur le terrain pour montrer son engagement, son implication

Une autre dimension importante de la présence terrain, c’est tout simplement de se rendre disponible, à l’écoute, et de démontrer votre implication sincère.
Vous n’êtes pas le seul à observer vos équipes, elles vous observent aussi et évaluent votre engagement… Alors consacrez-y du temps, formulez des remarques, posez des questions, bref, intéressez-vous. C’est le gage de votre crédibilité et exemplarité en sécurité.
« Un acte vaut mille mots » dit-on… et reste dans les mémoires.

 

Concrètement, comment améliorer la présence sur le terrain ?

De l’importance de la présence banale

Il existe des pratiques formelles liées à la présence terrain, telles les visites de sécurité pour ne citer qu’elles. Mais la présence dite « banale », « informelle », ou encore « de tous les jours », est également essentielle.
Si vous voulez connaître le travail réel, la visite du manager ne doit pas être un événement exceptionnel pour lequel on aménage l’emploi du temps des opérateurs ou les cadences de production… et qui permettrait d’être à jour dans ses tableaux d’indicateurs en fin d’année. Non, on parle ici d’une présence et d’une écoute constante et régulière.

Bien sûr, cela demande que le manager puisse dégager le temps nécessaire à cette présence terrain… ce qui implique que l’organisation valorise un leadership présent et visible et accepte de supprimer certaines tâches à faible valeur ajoutée des agendas souvent bien denses de ses managers.

Un outil au service de la présence terrain : la visite préventive de sécurité

La visite préventive de sécurité consiste à observer une personne en situation de travail, avec un échange basé le dialogue, afin de se mettre d’accord ensemble sur la façon de faire la plus sûre possible. Il s’agit d’identifier des points d’amélioration et de les transformer en actions concrètes : évolutions des pratiques de travail, modifications de paramètres de la situation... Et de suivre dans le temps les observations faites et les suites données : la consistance est un maître mot !
Attention, parfois détournée de cet objectif et ressentie par les équipes comme un « flicage », « l’occasion de chercher des fautes ou de remplir des statistiques », la visite de sécurité serait un échec ! Elle doit à l’inverse être menée dans la bienveillance et l’échange.

Enfin, les visites de sécurité ne sont pas réservées au binôme manager – opérateur. Un dirigeant par exemple a tout intérêt à visiter ses managers opérationnels et fonctionnels. Et des visites des équipes en conception ou en ingénierie, des partenaires sous-traitants, etc sont aussi un excellent moyen d’avoir une plus grande représentation des situations existant au sein de l’entreprise.


Visite de sécurité : quelques questions pour nourrir les échanges

  • Conscience des risques et conscience de la situation : quels sont les risques majeurs de votre activité ? Comment vous en protégez-vous ? Quelle doit être votre réaction en cas d’accident majeur ?
  • Environnement et conditions de travail : rencontrez-vous des difficultés liées aux températures, hauteur, intempéries, milieu confiné… ? Votre activité a-t-elle un impact sur l’environnement ?
  • Conformité et respect des règles : des règles d’or s’appliquent-elles à votre activité ? En quoi sont-elles essentielles ? Y a-t-il des conditions qui feraient que vous auriez du mal à appliquer les règles ?
  • Bonnes pratiques et initiatives de sécurité : y a-t-il des pratiques en sécurité que vous trouvez intéressantes à partager avec des collègues ? Un partage d’expérience d’autres équipes vous serait-il utile ?
  • Préparation et réalisation de la tâche : que faites-vous en préparation pour être le plus en sécurité possible ? La situation est-elle conforme à ce que vous aviez imaginé ? Y a-t-il eu des difficultés dans la préparation ?
  • Actualités et priorités HSE : y a-t-il eu un événement ou une décision concernant la sécurité qui vous a particulièrement touché ? De quels moyens d’information disposez-vous ?
  • Facteur Humain : comment vous sentez-vous, du point de vue fatigue, moral… ? Comment sont les relations au sein de l’équipe ?

 

Le rôle du leader dans la présence terrain

Être présent, visible, à l’écoute est, vous l’aurez compris, un ingrédient clé de votre leadership en sécurité. Voici les actions que vous pouvez mettre en place :

  • Sanctuariser le temps de présence terrain dans votre agenda en combinant présence banale et visites de sécurité et…
  • … S’y tenir !
  • Anticiper les périodes difficiles pour lesquelles vous renforcez votre présence terrain
  • Combiner une présence où l’activité est dangereuse et lors d’activités routinières… car même si c’est tous les jours… le poids de l’habitude peut conduire à un incident
  • Solliciter les chefs d’équipe pour qu’ils vous accompagnent lors de visites
  • Varier les périodes et les personnes visitées pour toucher le plus grand nombre de personnes possible, dans diverses situations de travail
  • Observer la mise en œuvre des actions proposées et revenir sur les sites déjà visités afin de « reboucler »

 

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