Interview de Gérard Perrotin, mairie de Salaise sur Sanne

Rencontre avec Gérard Perrotin, adjoint en charge de la sécurité, mairie de Salaise sur Sanne


Gérard Perrotin, adjoint en charge de la sécurité, mairie de Salaise sur Sanne
Comment est née cette demande de diagnostic sur votre commune ?

GP. Notre commune est depuis longtemps investie dans les réseaux de réflexion autour des risques, comme Amaris, et participe au Gec de l'Icsi « vers un contrat social négocié ». Quand le PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques) de Roussillon - Salaise est lancé en 2009 et entre en phase de concertation, nous nous rendons compte que nous ne connaissons pas le ressenti des habitants concernant les risques industriels. Nous avons alors l'idée d'engager le dialogue avec nos administrés sur cette question des risques et, éventuellement, de proposer une instance de démocratie participative dédiée. Notre pari interne est que cette instance permettrait de dessiner les contours d'un nouveau contrat local du « vivre avec le risque » qui viendrait compléter les travaux du CLIC, centrés sur les problématiques techniques liées au PPRT. Nous lançons alors un appel d'offres.


Mais les résultats de l'étude ne valident pas le postulat de base de créer une instance participative dédiée aux risques...

GP. En effet, c'est là tout l'intérêt de ce travail ! Il nous fournit une image réelle du terrain, une image précieuse, de 1916 à aujourd'hui. C'est un véritable apport de connaissances pour nous. Notre population a évolué ces dernières années : cohabitent aujourd'hui des « anciens » qui ont travaillé des décennies dans l'usine et des « nouveaux », plus jeunes, attirés par la proximité de Lyon par exemple, qui vivent sur la commune sans y travailler. Cette enquête a permis de recueillir les perceptions, les attentes, les émotions même, des différentes populations qui vivent aujourd'hui à Salaise.

Le Cahier de la sécurité industrielle issu du diagnostic va nous servir de base, réelle et commune, à la fois complexe et vulgarisée, accessible. Il va permettre de se positionner et de réfléchir ensemble à la suite à donner.


Justement, que comptez-vous faire maintenant ?

Nous avons déjà animé des réunions publiques et construit une exposition « Même pas peur ». Nous allons aujourd'hui intégrer et partager ces résultats : dans les discussions du Conseil municipal et des 3 conseils de quartier, lors de soirées thématiques, à disposition des habitants à la médiathèque...

Et puis nous allons nous intéresser à l'autre apprentissage de l'enquête. Celui d'une possible évolution des préoccupations, glissant du risque industriel à la santé et à l'environnement.


La possibilité d'une concertation participative referait alors surface ?

GP. Pourquoi pas. C'est ce que nous avons écrit en postface du Cahier avec Bertrand Cabaud, Directeur général des services de la mairie : « Avec les nouveaux salaisiens et un bassin de vie qui s'élargit, la question est posée autour d'une chimie qui se voudrait écologique amorçant un « virage industriel » sur fond de « bascule » vers la sphère santé/environnement. Si cette évolution se confirmait, « l'à venir » pourrait être essentiel : quelles possibilités d'ouvrir une mobilisation citoyenne dans le cadre d'une vraie concertation, et non plus seulement d'une simple consultation bien organisée ? ».



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