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Prévenir les accidents graves et mortels par la relation donneur d'ordres / sous-traitant

le 27 octobre 2016

Le groupe d’échange (Gec) dédié à la « Prévention des accidents graves et mortels » a entamé une phase d’observation et d’expérimentation terrain sur le thème de la relation donneur d’ordres / sous-traitants. Une entité d’un des adhérents de l’Icsi a bien voulu faire l’objet d’un test terrain ciblé, qui nourrira les réflexions du Gec.



Partant du constat que les accidents graves touchent plus souvent (en proportion) les prestataires, le groupe d’échange consacré à la prévention des accidents graves et mortels s’est intéressé au sujet de la relation donneur d’ordres / sous-traitant.

 

« Nous avons beaucoup discuté du sujet au sein du Gec et commencé à recenser des bonnes pratiques, des pièges à éviter, cela nous a permis de définir des axes de travail, qui pour nous sont des leviers d’amélioration de la sécurité… Et nous voulons vérifier nos hypothèses par une expérimentation terrain » expliquent les animateurs du groupe d’échange, Michel Descazeaux et Damien Santa-Maria.

 

4 axes de travail


Les 4 leviers identifiés par le groupe d’échange comme axes d’amélioration de la prévention des accidents graves et mortels sont :


- Les prérequis généraux : Les réflexions du Gec portent sur la relation contractuelle, le fait d’avoir un référentiel et des outils communs, d’utiliser le retour d’expérience et l’amélioration continue. Le groupe d’échange étudie en particulier la mise en commun des approches entre donneur d’ordres et sous-traitant, pour ces différents thèmes et spécifiquement pour la prévention des accidents graves et mortels.


- La transparence : Le groupe d’échange s’intéresse à la manière dont circule l’information relative aux accidents graves et à leurs précurseurs (situations de perte de maîtrise, avant l’accident), puis à la manière dont elle est traitée. Existe-t-il notamment des bonnes pratiques, des moyens de dynamiser le dialogue et le partage à la fois dans chacune des organisations de l’entité mais aussi entre les sous-traitants et le donneur d’ordres ?


- La vigilance partagée : La notion d’entraide et de co-construction entre le donneur d’ordres et ses sous-traitants, aux différents niveaux managériaux et opérationnels est étudiée, et notamment dès la phase d’étude, puis dans la réalisation des travaux et de bilan de chantier. La vigilance partagée est difficile à obtenir. Elle suppose la confiance dans les relations aux différents niveaux de management et opérationnels entre les deux entreprises. Les facteurs favorables à cette construction de cette confiance sont à mettre en évidence et à approfondir.

- Le droit et devoir d’interpeller : Le Gec essaie de mesurer si les sous-traitants arrivent à dépasser la barrière de l’autocensure et oser alerter lorsqu’ils perçoivent un problème grave de sécurité. Ceci est vrai également pour les intervenants du donneur d’ordres, qui, parfois, restent en retrait devant des situations à risques.  Il s’attachera, ensuite à identifier les leviers à actionner au quotidien pour le donneur d’ordres et pour le sous-traitant, afin de motiver un comportement proactif pour la prévention des accidents graves.  

 

L’expérimentation terrain


L’Icsi a ainsi débuté un test avec un donneur d’ordres travaillant avec des sous-traitants. L’un est une filiale d’un grand groupe industriel et l’autre une PME locale. Le diagnostic comprend 3 jours d’observation, un questionnaire et des entretiens individuels et collectifs.

 

« Le diagnostic concerne les directions, les managers et les opérateurs du donneur d’ordres et des deux sous-traitants. Un premier point intermédiaire a été fait. Une phase d’approfondissement est prévue pour aller plus loin sur les sujets que le diagnostic a mis en exergue » expliquent Michel Descazeaux et Damien Santa Maria.

 

Ce test terrain vise à fournir au groupe d’échange des éléments concrets lui permettant de mieux définir les questions à se poser pour rendre la prévention des accidents graves et mortels au travers d’une relation proactive entre donneur d’ordre et sous-traitants. Il peut aussi apporter aux entités qui y participent des pistes de progrès pour améliorer leurs performances dans ce domaine.

 

Les travaux du Gec feront l’objet d’une publication dans la collection des Cahiers de la sécurité industrielle.

 

En savoir +

>> Consultez la page du Gec Prévenir les accidents graves et mortels