Sous-traitance de la maintenance et son impact sécurité dans les industries de procédés

Le phénomène de mondialisation a transformé le fonctionnement et le comportement des entreprises. Depuis plus de 20 ans, un mouvement progressif d’externalisation plus ou moins avancé selon les secteurs, les cultures d’entreprise ou les pays, a modifié l’organisation des activités au sein du processus de production et des activités de soutien au processus de production.

Le recours croissant à la sous-traitance et à l’externalisation est une évolution structurelle lourde dans l’organisation des entreprises. La sous-traitance permet aux entreprises de réagir avec souplesse aux sollicitations du marché, de disposer de compétences et de professionnalisme qu’elles ne possèdent pas. La sous-traitance devient un phénomène courant, et le volume d’heures sous-traitées peut représenter une forte proportion de nombre d’heures travaillées dans une installation industrielle.

Les conséquences en termes de santé-sécurité de ce phénomène sont difficiles à estimer, étant donné l’absence de données statistiques nationales sur les accidents des salariés des entreprises sous-traitantes. Peu de travaux ont été consacrés à la sous-traitance, même si elle a été considérée à plusieurs reprises comme un facteur aggravant en matière de santé sécurité au travail. Une sur-accidentabilité des personnels sous-traitants en comparaison avec les personnels internes est systématiquement soulignée par ces études.

Projet de recherche

Un des enjeux principaux de cette recherche est de comprendre les raisons de la sous-traitance et de la sur-accidentologie des personnels sous-traitants, en allant au-delà de la simple constatation de la différence de métiers et donc des risques métiers qui y sont liés. Le défi scientifique va au-delà de la baisse d’un indicateur de fréquence ou de gravité des accidents des sous-traitants pour s’intéresser aux causes profondes liées à l’organisation même des relations entre donneur d’ordres et sous-traitants. 

Un des principaux objectifs de ce projet est d’identifier les types d’organisations entre donneurs d’ordre et sous-traitants qui favorisent une sous-traitance sûre lors de l’exécution de travaux de maintenance. 

La sous-traitance des travaux de maintenance courante -- c'est-à-dire sans arrêt complet des installations -- a été choisi car connu pour être une activité accidentogène. Par ailleurs, cette activité de maintenance courante permet de suivre plusieurs entreprises en même temps : une entreprise donneuse d’ordre et plusieurs entreprises sous-traitantes de différents corps de métier. Ce sujet a des applications directes en entreprise puisqu’il a été initié par un industriel dont une des problématiques est la gestion en sécurité des travaux sous-traités. L’étude est d’ailleurs conduite en partie sur une installation pétrochimique.

Ce projet de recherche fait l'objet de la thèse de doctorat de Dounia TAZI, qui a débutée en décembre 2005. Le laboratoire d'accueil est le Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse (UMR CNRS 5503) en collaboration avec l’ICSI, et le directeur scientifique de la thèse est le Prof. René AMALBERTI. Cette recherche est menée en étroite collaboration avec la société Total.

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