Sensibilité de la modélisation de la dispersion atmosphérique

Imprimer cette page

Contexte et enjeux

Dans le cadre de la réalisation des études de danger, la réglementation française prévoit le calcul de périmètres de sécurité autour des établissements industriels à risques. Ces valeurs conditionnent la mise en oeuvre de mesures importantes en matière de prévention et de protection. Depuis la promulgation de la loi du 30 juillet 2003 (dite « loi Bachelot  »), relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages, introduisant notamment la mise en place de PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques), les mesures ayant pour objet de limiter les effets des accidents éventuels doivent être explicités, en prenant en compte la probabilité, pour les installations à haut risque classées Seveso 2.

La libération accidentelle de gaz toxique constitue un des scénarios d’accident les plus répandus. Des quantités significatives de produit rejetées peuvent entraîner la formation de nuages dangereux pour les personnes et pour l’environnement. La propagation de ces nuages dans l’atmosphère est un phénomène extrêmement complexe régi par de nombreuses variables. L’étude de la dispersion atmosphérique des nuages de gaz, afin de modéliser les conséquences et donc d’estimer les périmètres de sécurité, fait appel à des logiciels de simulation. Parmi les nombreux outils disponibles sur le marché ou développés en interne par les entreprises, celui qui semble incontournable et qui fait référence, d’après les avis des industriels, des bureaux d’étude et des tiers experts, est le logiciel PHAST (Process Hazard Analysis Software Tool). Les utilisateurs de cet outil ont constaté que les résultats de la simulation sont dépendants d’un très grand nombre de paramètres de modélisation ajustables. L’accès libre à ces paramètres est un des avantages de ce logiciel. Cependant, on constate que les résultats produits peuvent être très sensibles aux valeurs fournies de ces paramètres voire à certains détails du scénario accidentel étudié. Or, même si l’utilisateur est expert, sa connaissance des valeurs et leur impact sur la modélisation du phénomène présente souvent une certaine incertitude. Ne pas maîtriser l’effet de ces incertitudes peut donc décrédibiliser les calculs des rayons de danger issus des études.

Ainsi, compte tenu de ces constatations et d’un besoin évident de s’assurer que les études de danger sont basées sur les meilleures connaissances scientifiques, il est apparu essentiel de mener une étude approfondie sur l’étude de la sensibilité paramétrique de logiciels de modélisation de la dispersion atmosphérique de gaz et en particulier de PHAST. L’enjeu principal de ces recherches est l’acquisition de connaissances sur la modélisation de scénarios accidentels et de leurs impacts pour une meilleure utilisation des outils de calcul.

Projet de recherche

Ce projet de recherche fait l'objet de la thèse de doctorat de Nishant PANDYA, qui a débutée en octobre 2006. Le laboratoire d'accueil est le Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse (UMR CNRS 5503), et le directeur de thèse est le Prof. Nadine GABAS. Cette recherche est menée en étroite collaboration avec des experts de différents groupes industriels et cabinets d'expertise. Les partenaires et financeurs du projet sont : La diversité de ces participants montre la volonté d'établir un diagnostic partagé sur la sensibilité des modèles de dispersion et sur l'utilisation des logiciels de calcul, dans le cadre des études de dangers. Livrables attendus du travail :

Contacts