Colloque sur la Concertation: Intervention de Philippe Douste-Blazy

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Intervention de Philippe Douste-Blazy, Ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille, Président du Grand Toulouse


Clôture des entretiens de l’ICSI

Vendredi 20 Mai 2005


Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de participer ce soir à la clôture des travaux des entretiens de l’ICSI sur ‘’la  concertation et les risques industriels majeurs’’. Je remercie Philippe Essig, Président de l’Institut pour une Culture de la Sécurité Industrielle, d’avoir choisi Toulouse pour la 2ème édition de cette manifestation.

Avant d’entrer dans le vif du sujet sur le thème qui nous réunit ici aujourd’hui, je tiens à profiter de l’occasion pour vous rappeler l’intérêt manifeste que le Grand Toulouse porte aux travaux menés par l’ICSI. Créée en réponse au manque substantiel d’échanges d’informations sur les risques industriels, et plus largement sur la sécurité, observé à la suite du drame d’AZF, entre les entreprises, le milieu scientifique, les élus et la société civile, cette association est désormais un acteur incontournable dans l’appréciation, la compréhension et la gestion des risques industriels.

En tant que membre fondateur, le Grand Toulouse apportera, en 2005, un soutien financier de 250.000 euros (soit le plus important financement local) à la construction du futur siège de l’ICSI situé sur le campus de l’Institut National de Polytechnique de Toulouse. Ces nouvelles installations vont permettre à l’ICSI de mener des actions de formation et d’enseignement, mais aussi d’accueillir des conférences, des colloques et des expositions sur les risques industriels. Je me réjouis que ce jeune institut trouve à Toulouse un terrain fertile pour renforcer les liens entre tous les acteurs impliqués au profit de la sécurité industrielle.

Le rôle et l’action de l’ICSI seront amplifiés dès cette année avec la création, à Toulouse, d’une Fondation pour une culture de sécurité industrielle (publication au JO du 18 avril dernier) qui permettra de mettre en place un programme d’actions à long-terme.

Je remercie tout particulièrement, 

pour leur active participation au sein de l’ICSI et le partage de leur expérience acquise dans le domaine des risques industriels.

Revenons en au thème central des débats de cette journée.

Il faut aujourd’hui se féliciter que la problématique de la concertation soit devenue intrinsèque aux prises de décisions à la fois des industriels, mais aussi des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. C’est pour qu’elle s’amplifie que des instances comme l’Institut pour une Culture Industrielle tiennent toute leur place.

Depuis le drame du 21 septembre, la prévention et la gestion des risques industriels constituent une priorité nationale affirmée. A ce titre, les dispositions législatives et réglementaires ont été considérablement renforcées :
En tant que Président du Grand Toulouse je veille à ce que cette prévention des risques industriels devienne aussi une priorité intercommunale.
Et dans l’instauration d’une culture de sécurité industrielle, à Toulouse, plus qu’ailleurs, la concertation est une étape fondamentale, tant d’un point de vue technique que sociétal.

La loi Bachelot ayant élargi l’implication des élus locaux en matière d’information et de sensibilisation du public, nous, les élus du Grand Toulouse, avons un rôle fondamental à jouer en matière de concertation. C’est la raison pour laquelle je vais mandater très prochainement l’ICSI pour mettre en place un séminaire de formation sur les risques industriels à destination des élus de l’agglomération toulousaine afin que nous puissions assumer pleinement, avec une compréhension la plus complète des enjeux et des problématiques, les nouvelles responsabilités que la loi nous donne.

Je tiens à rappeler que la transparence, le dialogue entre tous les acteurs concernés (industriels, Etat, collectivités locales, organisations syndicales) le partage d’une information vraie et sincère ainsi que le respect scrupuleux de la législation sont les éléments clés d’une concertation réussie.

A cet égard, je considère le futur Cancéropôle, qui sera construit sur l’ancien terrain de l’usine AZF, comme une opération pilote dans le domaine de la prévention des risques et de la concertation.

J’insiste sur le fait que ce projet exceptionnel respecte une logique de développement durable en dépit d’un environnement difficile. Sur ce lieu emblématique qui va être transformé en espace d’espoir et de vie, avec un campus de 220 hectares de dimension internationale dédié à la lutte contre le cancer, nous devons assumer, nous, élus locaux, d’importantes responsabilités face aux risques naturels et industriels.

A ce titre, je tiens à préciser certains points sur la dépollution du site AZF, dossier pour lequel j’ai opté pour une transparence totale. J’entends dire ici et là, que nous souhaitons assurer à marche forcée la mise en œuvre de ce projet en minimisant les risques et que bien des interrogations subsistent sur les procédés et les délais de dépollution..
Que les choses soient bien claires.
Il n’est pas question, sous prétexte d’engagement de ce projet et quelque soit sa portée stratégique (certains diront politique) de contourner les obstacles ou les contraintes.
En tant que médecin, en tant que responsable politique local, mais aussi de par mes actuelles fonctions ministérielles, il n’est pas envisageable que la dépollution soit réglée de manière partielle. Sur ce dossier, je m’engage à ce que la dépollution soit optimale, il ne pourrait en être autrement.

La dépollution s’effectue par lots et c’est pourquoi nous pourrons, d’ores et déjà, poser d’ici la fin de l’année la première pierre du Cancéropôle. Le Préfet de Région, les services de la DRIRE, la société Grande Paroisse et le groupe Total travaillent de concert sur ce dossier depuis plus d’un an. Et chacun des acteurs connaît parfaitement ses responsabilités. Ainsi un arrêté préfectoral datant du 3 décembre dernier fixe les obligations du dernier exploitant en matière de dépollution tant en terme de seuils de traitement que de délais de mise en œuvre.

Les actions sont à la hauteur des enjeux.

Sur un site comme celui d’AZF, alors que l’usage pour un diagnostic préalable exige 300 sondages, l’arrêté préfectoral en a édicté 600, soit le double. J’ai pris personnellement l’initiative de demander à la société Grand Paroisse d’en réaliser 1100 de plus. Au total les sondages effectués  sur l’ancienne usine seront 6 fois plus nombreux que la norme réglementaire. L'arrêté donne un délai maximum de 18 mois à Total, qui dépensera 40 à 50 millions d'euros pour dépolluer la zone.

La dépollution des terrains militaire sera engagée dans quelques semaines sous la responsabilité du ministère de la défense. Cette dépollution débutera par le traitement pyrotechnique de la zone de Braqueville. Une 1ère phase de travaux, initiée dès le début de cet été et pour une période d’environ un an, devrait concerner une vingtaine d’hectares. Suivra le traitement du futur parc public (environ 30 hectares) intégré au projet du Cancéropôle. Concernant les Ballastières, le Ministère de la Défense devrait nous faire connaître au courant de l’été les modalités de leur traitement, tant en termes de techniques utilisées qu’au niveau du calendrier de mise en œuvre.

Sur tous ces dossiers je comprends que les interrogations de la population soient grandes et je tiens à rappeler, ici, que nous menons avec nos partenaires de l’Etat une démarche de concertation et d’information citoyenne exemplaire. La Comité départemental d’hygiène qui s’est prononcé sur le dossier de la dépollution a été un vrai lieu d’éclairage, de concertation et de débat. Toutes les associations de riverains sont tenues informées au fil des mois de l’évolution de ces dossiers. Ainsi, pas plus tard que samedi dernier, une réunion s’est tenue à ma demande au Capitole en présence d’élus locaux, du Préfet, de la DRIRE et de représentants de ces associations afin de faire un point sur l’état d’avancement du projet, le diagnostic, les objectifs et les techniques utilisées pour la dépollution. Nous avons prévu de nous revoir régulièrement dans ce même cadre.

Le lancement de la concertation publique, préalable à la déclaration d’utilité publique du Cancéropôle doit intervenir dans les prochaines jours.

Par ailleurs et pour clore ce chapitre, j’ajoute que Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, a décidé la création d’une commission d’information et de suivi de ces dossiers, ouverte à l’ensemble de la représentation politique du conseil municipal.

Le croisement des informations et le décloisonnement entre tous les acteurs concernés forment le socle d’une concertation réussie. Dans l’agglomération toulousaine, le drame d’AZF exige, plus qu’ailleurs, que nous prenions des initiatives pour instaurer une véritable culture de la sécurité industrielle. A cet égard, la question des risques pour la sécurité des biens, des personnes et de l’environnement est au centre des préoccupations de nos politiques publiques.
Ainsi le Grand Toulouse a décidé de mettre en place un groupe de réflexion « Risques » afin d’édicter les mesures de prévention et d’organisation de plan d’actions que l’agglomération doit prendre pour l’avenir des sites à risques en milieu urbain. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Charte de l’environnement du Grand Toulouse. Cette résolution, prise à l’échelle intercommunale, est peu répandue en France : elle démontre notre détermination à favoriser le développement de la culture de la sécurité industrielle dans notre société et à adopter une démarche exemplaire qui préserve le cadre de vie de chacun et la vie de tous.

Je vous remercie.



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