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La culture sécurité intégrée

Les différents types de culture de sécurité



Suivant le poids que le management et les salariés attribuent à la sécurité dans leurs arbitrages, on peut distinguer quatre grandes familles de culture de sécurité :


Des cultures de sécurité
Dans une entreprise donnée, on ne trouve pas en général un de ces types de culture de sécurité à l'état pur, mais une combinaison spécifique de plusieurs d'entre eux.

La majorité des entreprises à risques, du fait de contraintes règlementaires et des contrôles externes, ont développé une culture de sécurité à dominante
« managériale ».
La culture fataliste
De type - / -
Elle reflète une culture où les acteurs sont persuadés qu'il n'est pas possible d'influencer le niveau de sécurité : les accidents sont perçus comme « la faute à pas de chance » ou l'expression d'une volonté divine.

« Qu'est-ce que vous vouliez qu'on fasse ? On ne pouvait pas prédire la rupture de ce tuyau, on n'a pas eu de chance ! »

Culture métier
De type + / -
Elle s'observe dans une situation où le management n'accorde pas une grande place à la sécurité, mais où les opérateurs développent des savoir-faire de prudence pour se prémunir des risques de leur métier, les perfectionnent et se les transmettent de génération en génération.

« Cela fait 20 ans que je travaille, je sais très bien comment je dois maîtriser les risques de mon activité »

Culture managériale
De type - / +
Une culture de sécurité managériale se développe quand l'entreprise - et les managers qui la représentent - deviennent responsables du niveau de sécurité. Elle s'appuie sur des experts, intègre la sécurité dans les investissements, développe un système formel de sécurité et s'appuie sur la ligne managériale pour relayer et faire appliquer les prescriptions. Les mesures de sécurité ainsi développées de façon descendante peuvent entrer en contradiction avec les pratiques de métier. Les acteurs de terrain peuvent être réticents ou en difficulté pour mettre en œuvre les exigences du système formel.

« Ce sont les experts qui font la sécurité, on nous demande juste d'appliquer les règles et les procédures. »

La culture intégrée
De type + / +

Elle résulte de la conviction, partagée dans l'organisation, que personne ne détient seul l'ensemble des connaissances nécessaires pour assurer de bonnes performances en matière de sécurité. La prévention doit faire se rencontrer un large ensemble de compétences, favoriser la circulation des informations et leur confrontation, et se traduire dans toutes les décisions à tous les niveaux et dans tous les processus de l'entreprise.

« Nous construisons ensemble la sécurité. Je remonte les informations pour que l'organisation et les managers puissent formaliser des règles et des procédures adaptées au terrain.»

Dans certains secteurs, comme les mines, l'évolution historique a été le passage d'une culture fataliste à une culture de métier. Puis la loi a fixé la responsabilité pénale de l'entreprise, ce qui a conduit au développement d'une culture de sécurité à dominante managériale.

Vers une culture de sécurité intégrée



Le chemin à parcourir, pour la plupart des entreprises avancées dans le domaine de la sécurité, est de passer d'une culture de sécurité managériale (modèle le plus fréquent) à une culture de sécurité intégrée, qui prenne en compte à la fois l'anticipation des situations à risques par les experts et le management, et la voix des métiers sur les conditions réelles des opérations.

Une culture de sécurité intégrée implique que chacun (managers ou opérateurs) partage la responsabilité d'assurer par son activité la sécurité du système, et puisse interagir dans ce sens avec tous les autres acteurs concernés.

Cette orientation implique la recherche d'un fort leadership du management, une implication accrue des salariés et de leurs représentants en matière de sécurité, la redéfinition du rôle des experts HSE, et une fluidité des interfaces entre services et avec les entreprises extérieures. Le renforcement du leadership et des marges de manœuvre du management ainsi que le développement au sein des équipes de débats sur le travail et la sécurité sont souvent les premières étapes pour créer les conditions de cette évolution.